Naître à Safata

Chers amis de Naître à Safata,
Nous venons de rentrer de notre séjour à Akamasoa et à Safata et nous voulons partager avec vous ces très beaux moments.
La situation à Madagascar est extrêmement difficile vous le savez en raison de l'extrême pauvreté et de l'inaction et de la corruption de tous ceux qui ont le pouvoir ou un "petit pouvoir".
La misère est omniprésente et il semble qu'elle s'est encore aggravée depuis notre dernier voyage il y a 11 ans.
Cette situation atteint un paroxysme en ce moment en raison de la grave épidémie de peste qui sévit et qui prend de l'ampleur.
A Akamasoa, chez le Père Pedro, où vivent environ 25000 personnes, les mesures d'information et de sensibilisation ont été prises. Tous les enfants du primaire et des collèges ont reçu les explications nécessaires pour s'en prémunir.
Un cas de peste ayant entraîné la mort a été constaté à Akamasoa, il y a 20 jours environ. Il s'agissait d'une dame qui a contracté ce virus en se rendant dans Tananarive pour son travail. Depuis aucun cas n'a été signalé à Akamasoa.
La peste, maladie réccurente depuis de longues années, résulte elle aussi de l'extrême pauvreté (insalubrité, absence d'assainissement, manque d'hygiène, manque d'eau) et ce qui est grave c'est qu'elle se développe dans les grandes villes qui étaient jusqu'à présent épargnées. Il semble que les ONG aient bien compris la situation et les médicaments (essentiellement des antibiotiques) "semblent" avoir été mis à la disposition des centres de santé spécialement dédiés à la lutte contre ce fléau.
Naturellement, ce sont les informations que nous avons eues, sont-elles exactes ?
A Akamasoa (Tananarive), l'action du Père Pedro se poursuit et s'amplifie. De nombreuses classes (primaires et collèges) ont été ouvertes. Elles accueillent 7000 enfants en primaire qui sont scolarisés et nourris chaque midi gratuitement.
Je ne connais pas le nombre de jeunes en collèges et lycées mais nous en avons rencontré beaucoup, heureux de leur scolarité, ayant déjà des projets de métiers et d'avenir. Et pourtant bon nombre de ces jeunes, qui pourraient apparaître comme des "privilégiés" par rapport aux jeunes du pays, partent encore le matin l'estomac vide en cours ou avec un simple café ou un peu de riz.
A Safata, où nous sommes arrivés après 9 heures de voyage sur une route complètement délabrée et une piste impossible, nous avions l'impression d'être dans un oasis. Le village est propre, organisé, accueillant. Il est maintenant une commune où vivent environ 3500 personnes (en comptant bien sûr tous les petits hameaux environnants qui en dépendent).
Les amis de Safata, parce que ce sont nos amis à nous tous, membres et sympathisants de Naître à Safata, nous ont offert un magnifique cadeau de remerciement : une fête, oui une fête, où étaient rassemblés la quasi totalité des enfants (petits, primaires et collège), nés pour la plupart à Safata. Et les chants et les danses se sont enchaînés toute une matinée.
C'est difficile à évaluer mais je crois qu'il y avait bien 500 à 600 enfants accompagnés de tous les maîtres ou professeurs.
En primaire, les effectifs oscillent entre 50 et 60 enfants par classe ! L'enseignement est essentiellement oral ou par le tableau noir, car les cahiers et les livres sont rares.
Au collège, c'est un peu différent, les élèves ont leur sac avec un minimum de supports (livres ou cahiers) mais l'enseignement repose là encore, surtout sur l'oralité.
Mais l'école est pour tous une chance, une possibilité de grandir et de s'élever dans la vie et de sortir de la pauvreté. Une fierté aussi. Mais dès l'école finie, les enfants retrouvent la corvée de bois ou d'eau, l'absence de moyens pour étudier (pas de lumière et la nuit qui arrive vers 18H30). Quel courage et quelle leçon pour nous, car de chaque visage émanent un sourire, des yeux pétillants et curieux de tout et une formidable joie de vivre.
Nous avons visité la maternité, l'hôpital, les écoles primaires et collège et l'église. Il y a maintenant un bâtiment pour le maire, indemnisé par l'état, et ses conseillers.
La maternité a une activité soutenue. Quand nous sommes arrivés une petite fille venait de naître et la veille de notre départ, un petit garçon. 
L'hôpital et la maternité sont toujours sous la responsabilité du docteur Aimé. Celui-ci nous a remis une liste de besoins en matériel que je vous communique ici car il y a parmi nous des personnes qui pourraient récupérer cela auprès de leurs contacts ou connaissances médicales.
Il s'agit de :
- une balance pèse bébés à suspendre  (il m'a parlé de la marque SALTER, mais peu importe la marque pourvue que la pesée soit précise)
- une ventouse extractor, si possible électrique, car il y a maintenant l'électricité d'origine solaire à Safata
- un kit de forceps, matériel qui ne s'utilise plus m'a t'il dit en Europe, mais que l'on pourrait récupérer dans une maternité, et qui lui serait très utile
- une boîte d'accouchement (deux pinces Kocher, 1 paire de ciseaux (coupe cordon), une paire de ciseaux d'épisiotomie, etc)
- un laryngoscope avec lames de différentes tailles dont une adulte
- une sonde d'intubation trachéale (taille 7,5 et 7)
- du fil résorbable serti 2/0
Je vous soumets tout cela maintenant car nous avons désormais la possibilité de faire acheminer ces matériels sans frais et très rapidement. En effet nous avons rencontré chez le Père Pedro, Eric, un commandant de bord Air France qui fait régulièrement la ligne Paris Tana et qui est prêt à nous prendre ce matériel. Et si nous pouvions envoyer tout cela pour Noël ce serait formidable.
Notre accueil à Safata, je vous le disais a été extraordinaire, de bonté et de joie.
Joie des retrouvailles (beaucoup de personnes rencontrées en 2006 étaient là, joie de voir ces centaines d'enfants nés à Safata se retrouver dans les écoles ou au collège, encouragement de voir toutes ces parcelles autour de Safata mises en valeur (rizières, culture du tarot, de la patate douce, de la pistache, du manioc).
A Akamasoa à Tananarive nous avons assisté à deux messes qui rassemblaient près de 10 000 personnes.La messe dure trois heures elle est avant tout chants et bonheur de se retrouver pour célébrer ensemble. C'est la fête où l'on vient en habit du dimanche. C'est un moment de partage extraordinaire que nous vous ferons vivre.
Et puis nous avons assisté la veille de notre départ à un petit concert classique donné par les jeunes d'Akamasoa (violons, violoncelle, contrebasse).
Ces jeunes dont les parents et peut-être eux-mêmes lorsqu'ils étaient en bas-âge, vivaient sur la décharge !.
Quelle leçon, quel chemin et que l'on se sent petit devant cela !!!
Nous avons fait beaucoup de photos et quelques petits bouts de films que nous vous inviterons à voir bientôt ou que nous nous ferons un devoir de faire parvenir aux amis plus éloignés.
Le Père Pedro tient bon en dépit de cette situation et quelle force ! Seule la force de Dieu, dit-il, lui permet de tenir.
Il est entouré d'une équipe de volontaires sérieux et disponibles
Il vous transmet tous ses sentiments de fraternité et ses remerciements et nous a chargé de saluer "tous ses amis de Clermont-Ferrand" comme il dit.
Chers amis, ce voyage nous a regonflés (mais nous n'étions pas si flasques que cela !).
Regonflés car la pauvreté et les problèmes ont augmenté.
Regonflés car l'action du Père Pedro et de son équipe est énorme, inimaginable même.
Regonflés car son dynamisme ne peut que nous atteindre.
Regonflés parce que nous ne sommes que des colibris qui continuons à faire notre part en dépit de tout et que nous avons rencontré à Akamasoa beaucoup de gens qui en France apportent eux aussi une aide précieuse au Père Pedro ou à Madagascar.

 

Regonflés parce qu'il n'y a que joie à aider et à faire grandir.
Merci de tout ce que vous faites.
à bientôt de nous retrouver.
fraternellement
alain et florence
Merci à ceux qui recevront ce message de le partager à tous les membres et sympathisants de leur entourage qui n'ont pas internet.
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